La Douelle
La charte

Douze lignes gravées au fer sur une douelle

Elles sont brûlées au fer dans le chêne, à l'entrée du chantier, et elles valent de la même façon pour le premier soir comme pour le vingtième.

Au seuil

Quatre conditions pour pousser la porte

Dix-huit ans révolus, halle et chantier confondus : en dessous, personne n'entre, pas même pour un plat seul.

Un papier d'identité peut vous être réclamé sur le pas de la porte, et une seconde fois devant un feutre.

Nous gardons la liberté de ne pas ouvrir à quelqu'un, sans avoir la moindre explication à fournir.

Les chiens guides entrent partout ; les autres patientent sous les platanes.

Sur le feutre

Quatre choses qui tiennent la donne

Le jeton est un outil de comptage appartenant à l'entrepôt : rien ne l'achète, personne ne le rachète, il ne se convertit en quoi que ce soit.

Ni billet, ni pièce, ni promesse ne passent d'un joueur à l'autre : la donne s'arrête là où l'argent commence.

Pas un appareil de jeu n'a jamais été branché sous ce toit ; le palan des tonneliers demeure la seule mécanique conservée.

Les cartes sortent de la maison ; un paquet tiré d'une poche y reste.

Tenue de la halle

Deux points qui reviennent tout le temps

Téléphone et photographies, comment fait-on ?
La sonnerie se coupe au seuil et l'appel se prend dans la cour. Une table en pleine donne ne se photographie qu'avec l'accord de ceux qui y jouent, et les cercles du mur ne se décrochent pour personne.
Et quand quelqu'un a trop bu ?
Le vin s'arrête sans négociation, et le comptoir commande un taxi à l'heure qu'il est, sans qu'on ait à le demander deux fois.